18/01/2025

ART’Souillade : quand la parole du quartier se met en scène

Par Admin

Et après avoir écrit… comment faire entendre sa voix ?

C’est la question qui s’est posée naturellement à la suite du projet « Le Quartier Saint-Nicolas de A à Z ».

Pendant des mois, les habitant·e·s ont observé, analysé, écrit.
Ils et elles ont mis des mots sur leur quartier, sur ses transformations, sur leurs inquiétudes et leurs attachements.

Mais une fois le dictionnaire terminé, une évidence s’impose : une parole, pour exister pleinement, doit circuler.

De l’écriture à la prise de parole

Le passage à l’action ne s’est pas arrêté au livre.

Dans la continuité directe du travail mené en 2024, les participant·e·s ont choisi d’aller plus loin : présenter publiquement leur travail, et surtout… le faire vivre.

C’est ainsi qu’est née l’ART’Souillade, un café littéraire imaginé collectivement, organisé le 17 janvier 2025 au Cinex.

L’objectif n’est pas seulement de lire des textes.
Il s’agit de reprendre la parole en direct, sans filtre, sans intermédiaire.

Une forme originale, pensée par et pour les habitant·e·s

Plutôt qu’une présentation classique, le groupe a imaginé une mise en scène à leur image : un restaurant éphémère, où les textes du dictionnaire deviennent des plats à “déguster”.

Chaque lecture est incarnée, interprétée.
Chaque mot est porté par celles et ceux qui l’ont écrit.

Ce choix n’est pas anodin. Il traduit une volonté de rendre la parole accessible, vivante, partagée.

Prendre confiance, oser s’exprimer

Pour beaucoup de participant·e·s, cette étape représentait un défi. Lire devant un public, prendre la parole, incarner un texte… cela s’apprend.

Alors, en amont :

  • des exercices de diction,
  • des jeux d’expression,
  • des mises en situation

ont permis de créer un cadre rassurant.

Résultat : une montée en confiance progressive, et une réelle appropriation de la prise de parole.

Une rencontre entre habitants, associations et institutions

Le soir de l’événement, le quartier se retrouve.

Habitant·e·s, associations locales, collectifs citoyens, acteurs de terrain… mais aussi des représentant·e·s institutionnels.

Ce croisement est essentiel. Il permet de créer des ponts entre expression citoyenne et espaces de décision.

La parole ne reste pas entre soi. Elle circule.

Derrière les textes, des enjeux bien réels

Les récits partagés lors de l’ART’Souillade parlent de :

  • logement,
  • précarité,
  • transformations urbaines,
  • droit de rester dans son quartier.

Autant de réalités qui touchent directement les participant·e·s.

Une fierté collective… et une étape importante

Lors de l’évaluation, un sentiment domine : la fierté.

Fierté d’avoir :

  • mené le projet jusqu’au bout,
  • pris la parole en public,
  • partagé un regard sur leur quartier.

Mais aussi une prise de conscience : même au sein du groupe, la question de la place de chacun·e dans la parole reste importante.

Faire vivre la parole

Avec l’ART’Souillade, le projet change de nature.

Le dictionnaire n’est plus seulement un objet, il devient un outil de rencontre, de dialogue et d’interpellation.

Et surtout, il confirme une chose essentielle : les habitant·e·s ne sont pas seulement des témoins de leur quartier.
Ils et elles en sont aussi les narrateurs… et les acteurs.