28/04/2026

Madrid, un séjour royal au cœur de l’Europe

Par Arthur PREUMONT

DU LUNDI 20 AU SAMEDI 25 AVRIL 2026

Cette semaine madrilène pourrait se résumer en une véritable orgie muséale ! En effet, entre les collections royales, le musée du Prado, le centre d’art Reine Sofia, le monastère San Lorenzo de l’Escurial et les villes de Madrid et de Tolède, véritables bijoux d’architecture, il y en avait pour tous les goûts.

Notre voyage jour par jour :

Jour 1 – Premiers pas dans Madrid
Notre aventure madrilène a débuté par une balade pédestre au cœur de la capitale espagnole. Au fil de nos pas, nous avons découvert les lieux emblématiques qui font battre le cœur de la ville : la Puerta del Sol, la majestueuse Plaza Mayor, l’imposante Cathédrale de l’Almudena et le somptueux Palais Royal de Madrid. Une première immersion qui nous a permis de saisir toute la grandeur et l’histoire de Madrid.

Jour 2 – Les collections royales & le Prado
Le lendemain, nous avons franchi les portes des Galerie des Collections Royales. Cette visite nous a rappelé les liens profonds entre nos régions et l’Espagne, à l’époque où la Belgique faisait partie des Pays-Bas espagnols. Nous avons ensuite poursuivi notre journée au Musée du Prado, où nous nous sommes laissés émerveiller par les œuvres de Diego Velázquez et Francisco de Goya, entre autres maîtres de la peinture.

Jour 3 – Escapade à Tolède
Le troisième jour, nous avons quitté la capitale pour rejoindre Tolède, ancienne capitale du royaume. Cette escapade, presque une infidélité à Madrid, s’est révélée incontournable. Tolède est un véritable joyau médiéval, empreint d’une harmonie rare : juifs, chrétiens et musulmans y ont autrefois coexisté paisiblement. Ce passé lui vaut le surnom évocateur de « ville des trois cultures ».

Jour 4 – De Guernica au Flamenco
Le jeudi fut consacré à l’art moderne et contemporain. Nous avons eu le privilège d’admirer au Musée Reina Sofía l’un des plus grands chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art : Guernica de Pablo Picasso. L’analyse collective de ce tableau était également le moment adéquat pour revenir sur la guerre civile espagnole, autre moment marquant de l’histoire du pays. La journée s’est poursuivie par du temps libre avant de terminer sous le signe de l’émotion avec une immersion dans le folklore espagnol. En effet, nous avons assisté à une représentation de Flamenco, dans une tablao typique. Cette danse à la fois intense et poignante nous a offert un moment unique et profondément marquant.

Jour 5 – San Lorenzo de El Escorial & la vallée de Cuelgamuros
Le vendredi, nous avons pris la direction de San Lorenzo de El Escorial pour visiter le Monastère de l’Escurial, lieu de retraite du roi Philippe II. Ce site impressionnant est un passage incontournable dans la découverte de Madrid et de ses environs. Nous avons profité de notre passage dans la région pour nous rendre ensuite dans la vallée de Cuelgamuros, au cœur des montagnes. C’est sur ce site que se trouve la Basilique souterraine Santa Cruz, ex tombeau du Général Franco. Notre démarche n’était en aucun cas de rendre hommage à ce triste personnage -d’ailleurs exhumé en 2019 – mais bien de nous recueillir en mémoire de ses victimes et d’observer cette impressionnante réalisation architecturale creusée dans la roche.

Jour 6 – Le parc Retiro, une parenthèse de sérénité
Pour clôturer notre séjour, nous avons choisi de ralentir le rythme en flânant dans le Parc du Retiro. Entre le bassin, la roseraie et le Palais de Cristal, cette promenade paisible nous a offert une parenthèse de calme et de verdure. Une manière idéale de conclure cette semaine madrilène intense et riche en découvertes et en émotions.


Qu’avons-nous retenu ?

Malgré la boulimie culturelle qui nous habite, il a bien fallu se rendre à l’évidence : voir l’entièreté de Madrid en une semaine est impossible. Ce simple constat n’a rien de désagréable, tant il faut accepter qu’il y a beaucoup à voir. Mais il est vrai qu’à vouloir tout connaître, on ne retient finalement pas grand-chose. Alors, une question s’est naturellement imposée durant notre voyage : pourquoi ne pas faire le choix de ralentir ? Voir moins pour voir mieux. S’attarder ne serait-il pas, au fond, un véritable luxe ? Après tout, nous ne sommes pas à une minute près.

Cette analyse a posteriori peut paraître quelque peu philosophique, peut-être même pathétique pour certains. Pourtant, il nous semble ici opportun de la rappeler, tant elle se révèle encourageante. Cette semaine ne fut donc pas qu’une succession de visites mais l’opportunité pour certains de s’essayer à une nouvelle façon de voyager : celle du choix, celle de la contemplation, mais aussi celle de la discussion ; des échanges simples mais essentiels qui donnent du sens et de la profondeur au voyage.

Et puis, comment ne pas y penser ? Il y a 90 ans à peine, Madrid et l’Espagne se déchiraient au cœur d’une guerre civile aussi violente qu’effrayante. Près d’un siècle plus tard, d’autres endroits du monde connaissent des destins similaires. Et nous, touristes privilégiés, continuons de nous attarder. Ce contraste ne peut laisser indifférent et rappelle avec une certaine force la chance que nous avons.

Alors oui, donnez du sens. Ralentissez. Ouvrez les yeux. Prenez le temps de discuter, à Madrid, chez vous ou ailleurs. Et surtout… vivement le prochain voyage !