Les Donneries Nomades : à Namur, la solidarité se construit collectivement
À Namur, les Donneries Nomades ne cessent de grandir.
Porté par l’ARC-Namur, ce projet de magasins éphémères gratuits a déjà permis l’organisation de 19 événements entre février 2025 et juin 2026, touchant plus de 1.500 bénéficiaires. Et la dynamique continue : 11 nouvelles donneries sont déjà programmées d’ici la fin de l’année.
Pensées pour lutter contre la précarité matérielle tout en favorisant le réemploi, les Donneries Nomades permettent à chacun et chacune d’accéder gratuitement à des vêtements, livres, jouets ou objets du quotidien.
Mais derrière chaque donnerie, il y a bien plus qu’un simple espace de redistribution.
Une donnerie, ça se construit
Contrairement à une action caritative classique pensée “clé sur porte”, chaque Donnerie Nomade se construit avec les partenaires et les publics concernés.
Écoles, maisons de quartier, associations, centres de formation : chaque structure qui rejoint le réseau participe à imaginer sa propre donnerie en fonction de son public, de ses besoins et de ses réalités.
Tout commence par un temps de réflexion collective.
Avec les jeunes, l’ARC-Namur utilise des outils comme le Business Model Canvas, habituellement réservé au monde entrepreneurial, pour penser la donnerie comme un véritable projet : à qui elle s’adresse, quels objets y trouver, comment organiser la collecte, quels partenaires mobiliser, comment communiquer.
L’idée est simple : faire comprendre que derrière un acte de solidarité se cache toute une mécanique collective, stratégique et logistique.
De l’idée au terrain
Une fois le projet défini, place à l’action.
Collecte des dons, tri, stockage, transport, installation, accueil du public, communication : les jeunes prennent part à toutes les étapes grâce à un rétroplanning construit avec l’ARC-Namur et les partenaires.
Cette implication transforme profondément la nature du projet.
On n’est plus dans une logique où certains donnent et d’autres reçoivent. On est dans une dynamique où chacun participe.
Et cela change tout.
Créer du lien, restaurer de la dignité
Sur le terrain, les Donneries Nomades sont devenues des espaces hybrides : à la fois lieux de redistribution, de rencontre, d’apprentissage et parfois même de débat.
Étudiant·e·s, familles monoparentales, jeunes en difficulté ou habitants du quartier s’y croisent sans distinction.
Le projet répond à un besoin croissant d’accès à des biens essentiels, mais avec une attention particulière à la dignité : ici, pas de contrôle, pas de justificatif, pas d’étiquette.
Cette absence de stigmatisation est l’un des piliers du projet.
Une solidarité qui fait aussi du sens écologique
À travers le réemploi, les Donneries Nomades participent aussi à réduire le gaspillage et à prolonger la vie de milliers d’objets.
Dans un contexte marqué par la saturation des filières textiles et l’évolution des obligations de tri, elles deviennent aussi une réponse locale à un enjeu environnemental bien réel.
Un modèle qui essaime
Ce qui fait aujourd’hui la force des Donneries Nomades, c’est qu’elles ne dépendent plus uniquement de l’ARC-Namur.
Le projet a progressivement développé ses propres outils : vadémécum, méthodologie, rétroplanning, évaluation participative… autant d’éléments qui permettent aux partenaires de gagner en autonomie et de reproduire le modèle ailleurs.
Au fond, les Donneries Nomades ne distribuent pas seulement des objets.
Elles distribuent aussi du pouvoir d’agir.
Et c’est sans doute pour cela qu’elles continuent de grandir.
Projet soutenu par le Fonds Ethias Solidarity, géré par la Fondation Roi Baudouin.
Avec le soutien de la Province de Namur.
